Ce que notre mode d’attachement à l’autre révèle.

Schéma représentant les différents styles d'attachement relationnel en thérapie

Dans mon cabinet de thérapie, tout comme dans ma vie personnelle et familiale, je ne peux m’empêcher de voir ce qui circule dans le lien qui réunit deux personnes. La façon dont ils s’attachent (ou pas) à l’autre, surtout quand l’affection est présente, est éloquente.

Une histoire de rencontre : quand deux mondes se croisent

Prenons la personne A : l’attachement anxieux.

Cette personne ressent un besoin intense de proximité dès que le lien devient important, c’est-à-dire affectif. Si l’autre s’éloigne ou met du temps à répondre, une anxiété sourde monte. Son réflexe est alors de chercher le contact à tout prix, n’importe lequel pourvu qu’elle sente le lien (sans l’autre, le lien n’existe pas : ELLE n’existe pas). Elle met alors diverses stratégies en place comme : poser des questions, vérifier que tout va bien, surveiller les messages « non lus ». Le moindre « silence » peut amener son mental à créer la possibilité d’une rupture sentimentale à laquelle elle croit comme si cela était vrai. Son objectif : chercher à se rassurer à tout prix.

Disons que cette personne A, à présent, rencontre une autre personne…

Prenons la personne B: l’attachement évitant (ou fuyant).

De son côté, apprécie le lien uniquement quand celui-ci lui permet de se sentir libre. Cette personne ressent un besoin vital d’espace et d’autonomie. Depuis toujours, cette personne aime le silence, l’indépendance. Ne dépendre de personne. Dès que la pression ou la tension monte, son réflexe est de se retirer dans sa coquille, de couper le contact ou de gérer seule ses émotions pour ne pas se sentir submergée.

La solitude, le silence, l’autonomie, le sentiment de liberté sont son oxygène.

Vous voyez ou je veux en venir ?

Que se passe-t-il au milieu ?

Imaginons que ces deux personnes se rapprochent affectivement. Un véritable engrenage s’installe alors entre la A et la B. Plus la personne A cherche à se rapprocher pour calmer son anxiété, plus la personne B se sent étouffée et fait un pas en arrière. Et plus la personne B s’éloigne, plus la personne A panique et redouble d’efforts.

« Suis-moi je te fuis, fuis moi je te suis » – Thomas d’Asembourg – psychologue/CNV

Aucune de ces deux personnes n’est « méchante », « toxique » ou « coupable ». Elles jouent simplement, une musique bien connue d’elles qu’on appelle la théorie de l’attachement.

Lorsque ce mode est inconscient, ce type de relation peut devenir difficile à tenir. Elle est alors emplie de souffrances, de peurs, de conflits réguliers.

La théorie de l’attachement : nos cartes relationnelles héritées

C’est le psychanalyste et psychiatre John Bowlby qui a formalisé cette théorie. Pour faire simple : durant notre enfance, la manière dont nos figures d’attachement (parents, donneurs de soins) ont répondu à nos besoins de sécurité et de réconfort a façonné notre « style d’attachement ».

À l’âge adulte, ce style devient notre boussole relationnelle. On en distingue principalement 4 modes :

  1. L’attachement Sécurisant : Vous vous sentez à l’aise avec l’intimité comme avec l’indépendance. Vous exprimez vos besoins clairement, faites confiance et accueillez l’autre sans craindre qu’il ne disparaisse à la moindre tempête. Selon les statistiques, la majorité des tests indiquent qu’environ la moitié de la population occidentale est concerné par l’attachement sécure (sain)
  2. L’attachement Anxieux : (Comme la personne A) Une peur constante de l’abandon ou du rejet. Le système nerveux est hyper-vigilant aux moindres variations du lien et cherche la réassurance permanente dans la proximité. 15 à 20% de la population occidentale est concerné.
  3. L’attachement Évitant : (Comme la personne B) Une hyper-indépendance construite comme un bouclier. Pour se protéger de la déception ou de l’étouffement, la personne apprend à ne compter que sur elle-même et met de la distance dès que l’intimité se fait trop forte. (une personne sur 4 à une sur 5 est concernée)
  4. L’attachement Désorganisé (ou Craintif-Évitant) : Un conflit intérieur où l’autre représente à la fois la seule source de sécurité et une source de menace. La personne veut désespérément le lien mais s’en effraie dès qu’il s’approche (« Viens ici / Va-t’en »). environ 3 % à 5 % (jusqu’à 10 % dans certaines populations cliniques ou ayant vécu des traumatismes complexes).

Apaiser ses blessures d’attachement en thérapie psycho-corporelle :

Ce que nous faisons ensemble en thérapie

Ce mode d’attachement n’est pas une fatalité ni une étiquette gravée dans la roche. C’est simplement une stratégie de protection que votre corps et votre esprit ont élaborée à un moment donné de votre histoire.

En thérapie psycho-corporelle, mon travail consiste à vous accompagner pour aller à la source de ce mode d’attachement, afin de réapporter de la sécurité là où il n’y en avait pas.

Et ce mode d’attachement se joue AUSSI dans la relation thérapeutique :

  • Si vous êtes plutôt de style Anxieux : Nous travaillons à apaiser l’anxiété liée à l’éloignement, à apaiser le sentiment d’abandon et à développer une sécurité intérieure pour ne plus dépendre entièrement de la présence de l’autre pour être rassuré·e.
  • Si vous êtes plutôt de style Évitant : Nous apprenons à apprivoiser le lien et l’intimité en douceur, sans la croyance inconsciente que s’ouvrir à l’autre signifie automatiquement perdre sa liberté ou être englouti·e.
  • Si vous êtes de style Désorganisé : Nous réapprenons à votre système nerveux à différencier le danger réel de la peur passée, pour restaurer un espace de paix et de clarté face à la relation.

En somme, chaque personne doit pouvoir expérimenter, plusieurs fois, sur le long terme, un lien d’attachement sécure pour réécrire son histoire (Merci la plasticité du cerveau !)

« We are wounded in relationship and we heal in relationship »

Ce qui qui est abîmé dans le lien, est aussi guéri dans le lien.

La bonne nouvelle ? On peut développer ce qu’on appelle un attachement sécurisé acquis. En prenant conscience des fils invisibles qui guident nos réactions et en apprenant à réguler notre système nerveux, le lien au milieu cesse d’être un champ de bataille et devient enfin un espace de repos et de partage.

Je peux vous receoir pour une première consutation 30 minutes gratuites et je vous accueille en consultation psycho-corporelle :

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